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Radioamateur : une passion, une vie

1 - Naissance d’une vocation

Un clic sur les photos permet leur agrandissement

J’ai toujours été passionné par les moyens techniques de communication, au point d’en avoir fait ma profession et l’un de mes hobbies préféré.
Dans ma petite enfance, donc avant 1940, nous n’avions pas de récepteur de TSF à la maison : j’allai écouter la radio chez des voisins, mais l’écoute qui m’a le plus marqué a cette époque a été d’entendre le Maréchal Pétain annoncer la signature de l’armistice en juin 1940. Cela s’est passé à l’école communale : il y avait deux salles de classe avec chacune 4 sections de niveaux différents. Tous les élèves étaient réunis dans la salle des grands ou le maître avait installé son poste de TSF sur son bureau. Après l’écoute de ce message, nous avons été envoyés prématurément en vacances. La maîtresse pleurait et nous a dit qu’elle ne savait pas si nous nous reverrions à la rentrée !
Effectivement bien des événements se sont déroulés ensuite, mais j’en arrive à une autre écoute marquante pour moi. L’instituteur dont le logement de fonction était contigu à la maison commune était également secrétaire de mairie. À ce titre j’avais l’occasion d’aller chez lui en dehors des jours ou heures de classe pour porter des documents administratifs que mon père lui faisait parvenir. C’est ainsi que je suis venu au moment du repas de midi : il était attablé avec sa famille et sa servante et au milieu de la table il y avait une grande coupe en cristal qui contenait un casque d’écoute. Il diffusait (c’est un bien grand mot) un bulletin d’information. Devant mon étonnement, il m’expliqua qu’il se servait d’un poste à galène qui n’avait pas besoin d’énergie électrique pour fonctionner, seulement une bonne antenne que j’avais remarquée, tendue en travers de la cour de l’école. À cette époque, l’électricité était soDtecteur_galne_4 uvent interrompue dans la journée et parfois même la nuit, aussi son récepteur habituel ne pouvait fonctionner. 

- détecteur à galène

Avant le débarquement allié, mon père acheta un récepteur et nous pûmes alors écouter les bulletins d’information diffusés par la BBC, l’oreille collée au haut-parleur, car le volume devait être faible à fin de ne pas être entendu par les voisins et bien comprendre l’essentiel au milieu du brouillage. J’étais très intrigué mais intéressé par les messages personnels et je n’ai su que plus tard à quoi ils servaient et à qui ils étaient destinés. Ce poste tombait souvent en panne et mon père devait l’apporter en réparation chez le vendeur qui était le successeur de Mr Petiot, le frère de celui qui allait se faire dramatiquement connaître quelque mois plus tard.
A cette époque, mon père a fait installer le téléphone : c’était un modèle mural en bois vernis (Grammont 1920, si mes souvenirs sont bons) avec un coffre formant pupitre renfermant une grosse pile. La ligne, bien sur aérienne, qui nous reliait au bureau de poste le plus proche était longue d’environ 1700 mètres et après chaque orage nous étions privés de téléphone. La plupart du temps c’était les fusibles de protection à l’arrivée de cette ligne qui fondaient, mais parfois c’était plus grave et le dépanneur se déplaçait pour réparer. C’était un agent des PTT, habillé en bleu de travail avec une casquette décorée avec des éclairs d’or brodés, portant à l’épaule une grande sacoche en cuir renfermant ses outils. Il s’installait sur la table de la salle de séjour, déballait ses outils, branchait son fer à souder, démontait et ouvrait le poste téléphonique et effectuait la réparation. J’étais en admiration devant sa dextérité et son savoir-faire et je rêvais de pouvoir un jour en faire autant. 
J’avais un voisin de mon age qui était abonné à un journal qui décrivait chaque mois un petit montage a réaliser et nous en avons essayé quelques-uns avec des taux de réussite aléatoires. Mais un certain mois, le montage proposé était un poste à galène. Nous avons été chez notre vendeur de radio, le successeur de Mr Petiot et lui avons acheté le matériel nécessaire, c’est-à-dire un condensateur variable, une self et un détecteur à galène : ces composants ne correspondaient pas tout à fait a la description de l’article du journal, mais qu’a cela ne tienne, rentrés à la maison, nous avons chacun de notre côté, monté notre poste. 
Pour ma part, j’ai emprunté un casque d’écoute à un horloger d’un hameau voisin qui avait construit son poste de TSF avant la guerre. Ensuite j’ai essayé le tout ; le résultat a été négatif, mais il est vrai que j'avais une antenne de fortune. J’ai donc tendu un long fil de fer partant de la fenêtre de ma chambre, amarré avec un isolateur à la potence de la ligne téléphonique située juste au-dessus et l’autre extrémité a la branche d’un peuplier distant d’une cinquantaine de mètres. Après quelques tâtonnements et retouches, j’ai entendu une cacophonie de musiques et de paroles sans parvenir à bien séparer les uns des autres, mais j’entendais quelque chose et je n’étais pas peu fier.
Après quelques modifications et améliorations, notamment l’installation d’une prise de terre et d’un parafoudre de mon invention, l’écoute devint plus agréable. Je recevais seulement les grandes ondes ou l’Composition_du_rcepteur_galne_3 émetteur d’Allouis dominait (France Inter).

- composants du récepteur le plus simple et écologique par excellence,
(fonctionne sans énergie autre que celle reçue de l'émetteur)

Cette réussite m’incita à m’instruire dans ce domaine que j’abordais d’une manière empirique et marqua le début d’une longue histoire. 
Je trouvais dans le grenier une pile de revues “Je Sais Tout“ qui consacrait chaque mois un article sur la construction amateur de récepteurs de radio. Je lisais les descriptions et j’admirais les schémas sans bien comprendre ce dont il s’agissait et j’avais l’impression que toutes ces réalisations se ressemblaient.
J’appris par des jeunes filles d’un village voisin que nous avions rencontrées à la fête qu’un passionné*, un peu plus âgé que moi, diffusait de la musique par radio durant les week-ends. Intéressé, j’allais lui rendre visite un dimanche et il me montra son installation composée d’un tourne disque, d’un châssis avec des tubes électroniques et une antenne extérieure : la parfaite radio libre avant l’heure, aussi pirate et parfaitement interdite a cette époque-là !!! Tout le village écoutait ses transmissions et les voisins lui demandaient même leurs disques préférés. Durant la semaine, il était étudiant dans un collège technique. Il m’apprit également que dans un village voisin, un autre jeune suivait des cours de radioélectricité par correspondance. 
Je me rendis chez ce jeune homme un soir : il me montra ses manuels de cours, le matériel livré avec et les exercices qu’il envoyait chaque semaine pour la correction. Comme il était en 3 ème année, il me proposa en prêt les manuels des années précédentes, ce que j’acceptais avec empressement. Rentré a la maison, je me mis à les étudier, et lorsque j’en avais fini, je retournais le voir pour lui rendre et emprunter la suite. Au bout de quelque temps, je commençais à bien comprendre la théorie, mais j’étais frustré pour la pratique.
Lorsque le récepteur familial tomba une fois de plus en panne, j’obtins la permission de tenter de le dépanner : comme le résultat fut probant, le bouche à oreille fonctionna pour faire ma réputation, et c’est ainsi que les voisins firent appel à mes services lorsqu’ils avaient des problèmes de radio et même d’électricité.
J’avais réuni quelques outils de première nécessité en puisant dans ceux de mon père, dont un fer à souder à accumulation à faire chauffer dans le feu de bois de la cuisinière ou dans la forge quand elle était allumée, ce qui n’était pas très pratique. Aussi le peu d’argent de poche que j’avais passait en achat de matériel lorsque j’allais a Auxerre. A cette époque, nous voyagions beaucoup à bicyclette et sur la route du retour, près d’Auxerre, j’avais repéré une ancienne carrière abandonnée qui servait un peu de décharge. Parmi les choses jetées, se trouvaient des composants électroniques : lampes, transformateurs, condensateurs, résistances, potentiomètres, etc. Je ramenais à la maison les éléments qui me paraissaient visuellement encore en bon état et ils me servaient à faire des montages d’essais où à dépanner les postes confiés par les voisins.
Mes temps de loisir, c’est-a-dire le dimanche après midi essentiellement, était consacré a des visites aux professionnels de la radio. C’est ainsi que j’allais chez un constructeur réparateur de postes de radio à qui je posais plein de questions sur sa profession. Il avait un atelier rempli d’une quantité de choses qui me faisaient rêver : un jour il me montra, entreposée dans un petit appentis, une ogive de la célèbre fusée allemande V2 : c’était une merveille bourrée d’électronique miniature (pour l’époque) puisque encore à tubes.
Les meilleures rencontres que j’ai pu faire à cette période et qui ont décidé de ma vocation d’abord et ensuite de ma carrière se sont effectuées a la Foire–exposition d’Auxerre. Elle se déroulait sur les boulevards (tracés à la place des anciennes fortifications rasées de la ville) chaque année au mois de mai. Comme dans toutes ces manifestations commerciales on y trouvait les stands des industriels, artisans et magasins de la ville et de la région, sans oublier les buvettes dégustation de vins de Chablis et autres crus du département. 
Mais le stand qui retenait mon attention et me captivait pratiquement tout l’après-midi n’avait rien de commercial car il était tenu par des bénévoles : c’était le stand des radioamateurs de l’Yonne. Il présentait une station opérée par des OM’s de la ville ainsi que d’autres activités, variant suivant les années, comme la télévision (en 441 lignes) émise par la tour Eiffel. Ce programme n’était pas directement reçu mais retransmis depuis une installation de réception située sur un point haut proche. Une année, il y avait une animation télévision avec une caméra construite par 3 radioamateurs présents sur le stand, dont F3GL et F9AF. Ce sont eux qui m’ont inoculé le virus du radio amateurisme et m’ont fait connaître le Réseau des Emetteurs Français. Lorsque j’ai adhéré au club quelques années plus tard, mes parrains ont été F3GL et F9HQ.
J’avais très vite sympathisé avec F3GL qui était un OM charmant et un technicien hors pair. C’est en allant lui rendre visite, à la tour de Saint-Georges (ancien moulin-à-vent), où il avait installé son récepteur de télévision et les antennes, que j’ai vu pour la première fois des images télévisées. Ce récepteur, qu’il avait construit avec des tubes de la série transcontinentale, diffusait une image verte sur un tube cathodique rond d’oscilloscope ou de radar provenant de l'école des radioélectriciens de l'armée de l'air de Monéteau. Ce programme, diffusé par la tour Eiffel en 441 lignes unique émetteur de télévision en France à cette époque, m’a émerveillé et laissé un souvenir vivace : Edith Piaf chantait “l’accordéoniste“. J'étais très impressionné par la prouesse technique.
Ainsi petit à petit mon éducation technique se réalisait, un peu trop lentement à mon goût. J’aurais aimé entrer en apprentissage même sans rénumération chez un de ces artisans à fin de progresser plus rapidement dans le métier, mais je travaillais avec mon père. Je retrouvais mon bonheur après une journée de travail passée aux champs, en regagnant ma chambre où je pouvais lire des manuels techniques, faire des montages et les expérimenter. 
A cette époque plusieurs enseignes parisiennes proposaient des postes de radio en kit. J’en ai fait venir un certain nombre que je construisais pour la famille ou les amis : c’était un des cadeaux de mariage que je faisais a mes amis et certains les ont conservés et m’en parlent encore.
Après le Conseil de révision, j’ai devancé l’appel à fin de pouvoir choisir l’arme, le lieu et la spécialité. Mon choix était évident ; arme : Transmission, lieu : Mont Valérien, spécialité : mécanicien radio. J’ai été affecté à la 178 ème compagnie de Transmission à Besançon où j’ai appris la télégraphie. Je suis devenu opérateur puis chef de poste radio ce qui permettait de partir en opérations dans la nature, en manœuvres ou en détachement dans d’autres unités. J’ai aussi suivi un cours de projectionniste de cinéma.

Puisque, suivant mes désirs, je n’étais pas devenu mécanicien radio, je fréquentais l’atelier de dépannage qui était situé sous les toits de la caserne, durant mes moments libres. J’en profitais pour faire quelques montages, dont un manipulateur double contacts qui m’a suivi durant mon service et que j’ai encore aujourd'hui à portée de main à la station.

J’ai aussi construit un récepteur avec des lampes miniatures, alimenté par des piles de Talkie-walkie, en me servant, pour faire le châssis et la façade, d’un morceau de gouttière en zinc prélevé sur le toit ! J’utilisais ce récepteur en déplacement et en mobile : un fil le reliait à la culasse de mon fusil qui servait d’antenne.

Oprateur_radio_178_me_ct_9

- radiotélégraphiste en action


Mon service national s’est terminé par un séjour de six mois en Tunisie comme radiotélégraphiste au PC du commandant la Brigade. J’avais un camarade qui était déjà licencié radioamateur avant de faire son service. Il était chef de poste radio affecté à un régiment basé plus au sud. Je le contactais dans le cadre des vacations et nous nous donnions rendez-vous en dehors de ces heures pour échanger des informations plus personnelles concernant le radio  amateurisme.  

Manipulateur_lame_de_scie_4Ces échanges, très brefs, posaient quelques problèmes de disponibilité et de fréquences réservées au trafic ou a l’écoute officielle. Pour remédier à cet inconvénient, j’ai remis en service un poste émetteur-récepteur WS19, laissé sur

- manipulateur double contacts "lame de scie à métaux"

place par une unité de zouaves qui nous avait précédé sur les lieux et m’en suis servi pour ces liaisons “extra-militaires“. Nous avions un poste de transmission     SCR 399 qui servait aux liaisons avec la France. Il était exploité par les chefs de poste et à ce titre j’en En_opration_4avais aussi l’accès. Aussi en dehors des vacations, je l’utilisais pour faire du

- trafic en mobile

trafic amateur.  J’avais beaucoup de réponses venant du monde entier, mais surtout des Etats-Unis. en utilisant un indicatif comportant un préfixe tunisien. 

Je ne regrette pas cette période qui m’a permis de côtoyer quelques        radioamateurs, d’apprendre la télégraphie et de faire quelques essais de transmission radioamateur. Ws_19_3

- WS19, surnommé "la batteuse" à cause de son bruit caractéristique
 

Revenu à la vie civile, j’ai construit rapidement un récepteur onde courte à amplification directe comportant 3 tubes (ampli HF, détectrice et ampli BF) qui m’a permis, tant bien que mal, de recevoir les radioamateurs dans la bande des 40 mètres. Ensuite j’ai construit un émetteur, tout aussi simple, avec une oscillatrice à quartz et un PA 6L6 : je ne m’en suis pas servi, ayant déposé un dossier pour passer l’examen d’opérateur et obtenir une licence radioamateur. 
A cette époque, j’étais entré dans la vie 2_manipulateursactive à Paris, mais je continuais de fréquenter F9HQ chez qui, durant mes congés ou périodes de vacances, j’allais faire des montages. Ce radioélectricien professionnel me prodiguait conseils, coups de main et aussi

- 2 manipulateurs : un home made et un "reglementaire"

matériel. C’est lui qui m’a mis véritablement le pied à l’étrier en me fournissant du matériel qu’il n’utilisait plus, de quoi réaliser une station plus technique que celle que j’avais construit pour passer l’examen. Elle se composait d’un récepteur avec bloc HF Mics-Radio (F9AF) et d’un émetteur 5 bandes modulé AM avec un VFO. J’ai trafiqué jusqu’en 1970 avec cette station avec laquelle j’ai passé ma licence, ainsi que plusieurs autres OMs à qui je la prêtais pour la circonstance. Ensuite, la modulation AM étant tombée en désuétude, je me suis tourné vers des stations SSB.
1_re_station_dca_3Jusqu‘en 1992, date de l’achat de ma première station commerciale (Atlas 210), j’ai trafiqué avec des équipements de ma fabrication. J’en ai construit un certain nombre (je ne me souviens pas du chiffre exact) : émetteurs, récepteurs,

- premiére station F9DM

transverters et transceivers, surtout en modulation AM, et quelques-uns en BLU, permettant le trafic sur toutes les bandes autorisées, du 80 m. au 70 cm, tant en station fixe qu’en /P ou /M.
Devenir radioamateur, c’est être passionné par un hobby certes, mais c’est aussi et surtout avoir la chance et l’opportunité de fréquenter et d’être influencé par des gens chevronnés et passionnés qui savent vous motiver en transmettant une émulation et un savoir. Ils savent aider, conseiller, encourager.
La liste de ces généreux OM émérites serait trop longue à énumérer, mais je ne les remercierais jamais assez : outre ceux que j’ai cités plus haut, les autres se reconnaîtront : ils sont assurés de ma reconnaissance et de ma gratitude.

2 – Être radioamateur

Avant ma démobilisation en Tunisie et pour continuer de faire de la radio, j’ai passé deux concours dans deux administrations différentes : les Douanes maritimes qui recrutaient des techniciens pour équiper en transmission leurs vedettes garde-côte et le service des transmissions de la Police Nationale qui recrutait des opérateurs radiotélégraphistes. Pour des raisons politiques de présence de fonctionnaires français, je n’ai pu donner suite et suis rentré en métropole ou j’ai postulé à la Préfecture de Police pour les services techniques des transmissions.
Durant le stage d’élève, j’ai rencontré des OM's, en particulier un autre élève, F9MD et un instructeur F9FY, officier de Paix que je retrouverais plus tard, qui assurait les cours théoriques de radioélectricité. C’était un ancien officier radio de la Marine Nationale qui dirigeait un centre de télécommunication.  Par la suite j’ai fait plus ample connaissance de son service qui comportait une pléiade d’OM's dont je ne peux tous citer de peur d’en oublier, sauf un, F9RC bien connu par ses articles et descriptions de montages radioamateur publiés par la revue  “Le Haut Parleur“.
Aussitôt installé fin 1955 dans “mes meubles“, un studio à Vincennes, j’ai déposé la demande de licence  pour devenir radioamateur. L’examinateur à cette époque se déplaçait chez le postulant qui devait présenter une station en état de bon fonctionnement (rayonnant sur charge fictive). L’examen comportait 2 parties : la lecture au son et la manipulation en code Morse et une partie technique ou certaines questions étaient relatives à la conception et a la manipulation de la station présentée.
Enfin la licence arrive et je commence à trafiquer. Habitant dans une mansarde, donc sous les toits, j’avais tendu un fil de quelques mètres dans le couloir, les liaisons se faisaient sur 14 Mhz et inutile de dire qu’elles étaient plutôt locales : mon 1er QSO a été F9BA. Ce bout de fil, accordé tant bien que mal provoquait du QRM et une de mes voisines de palier est venue me chercher à plusieurs reprises pour répondre à des appels téléphoniques en langue anglaise qui disparaissaient quand j’étais chez elle et pour cause ! Outre les Parisiens, contactés en phonie, je faisais des liaisons plus lointaines en télégraphie dans toute l’Europe et notamment beaucoup de stations de l’URSS. Premiers_qso_2

J’ai réussi à persuader les copropriètaires de l’immeuble pour lequel j’avais fait quelques travaux d’installation de systèmes de portier électronique, qu’il me fallait une antenne extérieure ; l’autorisation étant accordée, j’ai installé une antenne hertz entre le toit et le mur le plus éloigné bordant la cour intérieure, ce qui m’a permis de trafiquer sur 80, 40 et 20 m. aussi bien en téléphonie qu’en télégraphie. J'ai pu renoué avec les OM's rencontrés durant mon adolescence et le service militaire.

- premiers QSO

Cette période de ma vie a été enrichissante sur le plan technique ou le trafic tenait aussi une grande place dans mes occupations. Je rencontrais des  OMS parisiens ou des provinciaux ainsi que des étrangers de passage dans la capitale. Durant les vacances passées dans ma famille, je rendais visite aux amateurs qui m'avaient innoculé le virus ainsi qu'a des futurs OM's pour peaufiner leur station. Je ne manquais pas de passer aussi quelques jours chez F3UE et nous rendions visite aux radioamateurs Franc-comtois.Qra_f8ua

- 4 OM réunis au QRA de F8UA à Besançon en 1957

Mes horaires professionnels me laissaient du temps libre dans la journée et je fréquentais les boutiques qui vendaient des composants, surtout des surplus militaires comme aux puces de Saint-Ouen ; celà permettait d’améliorer la station ou de construire d’autres équipements. Beaucoup de ces activités étaient faites en compagnie de F9MD dont j’étais devenu le palindrome par l’indicatif.

Conjointement au passage de la licence, j’ai adhéré au REF. Je participais assidûment aux réunions de la section de Paris à la Coupole et ne manquais pas, chaque année, d’assister à l’AG qui se tenait à cette époque dans la capitale. Cela permettait de rencontrer et de faire connaissance avec des OM's français et étrangers avec qui j’avais fait QSO ainsi que des invités de marque et des personnalités médiatiques.
Stand_ref_foire_de_paris_3Station_ref_foire_de_paris_6A cette période, j’ai eu l’occasion de côtoyer les  présidents du REF qui se sont succédés : F9AA et F8VR. F9AA m’avait pressenti comme opérateur et animateur de la station radioamateur qui devait être installé au Palais de la Découverte avec l’indicatif F8DEC : pour des raisons administratives, mon employeur ne m’a pas donné l’autorisation de le faire, ce que j’ai beaucoup regretté. Au bureau du REF avenue de Trudaine, je retrouvais F9FY qui, ayant pris sa retraite, assurait la direction du secrétariat qui comportait 4 personnes dont Madame Eva.

- stand REF et station F8REF à la Foire de Paris en 1957

Comme bénévole, j’assumais quelques tâches comme le tri des QSL ou le contrôle des comptes-rendus des divers concours. J’ai également participé plusieurs années à la tenue du stand du REF à la Foire de Paris en opérant F8REF après avoir installé les stations et les antennes sur le toit des halls. Heureuse période riche en nouveautés techniques, événements, expéditions et réalisations qui provoquaient une saine émulation parmi les radioamateurs et SWL. Je n’en cite que quelques unes qui me viennent à l’esprit et qui occupaient mes loisirs : démarrage de la télévision en 819 lignes dont je captais le son avec un récepteur à super-réaction, lancement du premier Spoutnik qui nous faisait entendre ses bip bip sur 21 Mhz, tournage du film “Si tous les gars du monde“ réalisé avec la station home made d’un habitué de nos réunions, traversée du pacifique sud par le radeau Tahiti-Nui que l’on avait du mal a écouter tant sa puissance d’émission était faible mais dont je suivais la progression avec des épingles plantées dans une carte éditée à cet effet ; j’ai eu la joie de Carte_traverse_6rencontrer plus tard le capitaine en second, radio de l’expédition, FO8AP qui m’a dédicacé le livre qu’il a écrit relatant cet exploit.

- carte des traversées du Pacifique par la radeau Tahiti-Nui
  

Emetteur_rv2_6Certains QSO m'ont laissé des souvenirs comme ceux avec les diverses expéditions antarctiques ou avec des OM's du Maroc, techniciens d’une station émettrice de radio-diffusion, séquestrés par des rebelles et ce QSO a été enregistré au QRA par un journaliste de la RDF.

- schéma de l'émetteur alimenté par piles utilisé pour le trafic radioamateur

Destin_tragique_du_tahitinui_4

J’ai déménagé dans les “beaux quartiers“ porte d’Auteuil en 1957 et, habitant toujours une mansarde, j’accédais facilement sur le toit couvert en zinc et pouvais ainsi installer et régler des antennes.

- L'odysée narrée par FO8AP/MM

En décamétrique je ne pouvais installer qu’un doublet de 2 x 5 mètres, ce qui m’obligeait à un trafic sur 20 m. ou sur les bandes plus basses. Je construisais beaucoup : des récepteurs de radio domestique pour des amis, d’abord à tubes et après 1958 avec des transistors.

Pour l’émission d’amateur c’était l’expérimentation du 72 et du 144 Mhz avec la construction d’émetteurs et de convertisseurs de réception, la réalisation d’appareils de mesure et de divers gadgets électroniques (grid-dip, mesureurs de champ, etc) afin d’expérimenter les bandes au dessus de 28 Mhz. Je trafiquais sur 72 Mhz, émettant avec une antenne squelette fabriquée avec des tubes d’installation électrique (berkmann). L’appareil bien utile que j’aurais du  construire est un TOS mètre, il aurait évité bien des ennuis de voisinage !

Vue_sur_les_toits_de_paris_depuis_2Mon propriétaire, qui habitait au 6 ème étage, au dessous de ma mansarde, était rédacteur en chef dans un grand quotidien parisien : il rédigeait ses articles à la maison et les dictait sur un magnétophone ; en s’écoutant au bureau il avait

- vue des toits de Paris depuis le QRA

quelquefois la surprise de m’entendre en surimpression, ce qu’il prenait avec bonne humeur, ne s’expliquant pas ce phénomème. ll m’est arrivé de faire QSO avec Jacques F8HA qui habitait à quelques centaines de mètres, de l’autre coté du boulevard : il me demandait sur qu’elle bande j’étais, (lui ne pratiquait que la bande 20 m.) mais il recevait mes harmoniques et il s’est avéré, à plusieurs reprises, que j’émettais sur une autre bande !

3 – Radioamateur militant

Après un changement de direction professionnelle vers la fin des années 1950, mes activités m’ont amené à Limoges. UnTout_les_om_du_87_en_1958_9 e de mes préoccupations a été de faire le tour des OMs du département 87 ; il a été vite fait puisqu’il n’y en avait que deux : F3UX de Limoges et F8KN à Bessines sur Gartempe, venant de Suresnes ou je l’avais déjà rencontré aux réunions de la

 - tous les OM's de la Haute-Vienne réunis, en 1958

porte d’Auteuil. Il m’avait précédé de quelques semaines, muté sur le site d’exploitation des mines d’uranium du CEA ; je le retrouvais avec plaisir.

1ere_station_dca_mobile_4

Pour des raisons de logement provisoire, je n’ai pas installé ma station décamètrique ou plus exactement d’aérien, mais j’ai fait du trafic en mobile

- première station décamètrique 3 bandes

et aussi du portable en VHF.  Pour cela j’ai construit un ensemble émetteur et  récepteur décamètrique 3 bandes dans un coffret Rcepteur_vhf_mobile_2fixé sous le tableau de bord de la voiture : réalisation 100% maison depuis le boitier du micro jusqu'à l’antenne verticale fixée au pare choc. Pour le 144 j’ai d’abord utlisé, en

- récepteur mobile avec tête VHF à cavité type F8CV

l’adaptant aux fréquences amateur, un émetteur de Prampli_reception_a_cavit_vhfl’armée de l’air, le récepteur étant réalisé en partant de la tete HF à ligne accordée décrite par F8CV.

- préampli de réception VHF a cavité

2me_station_dca_mobile_3

- la 2éme station déca mobile 5 bandes

Très rapidement sont venus à moi des  SWL et des néophytes à qui le  secretariat du REF donnait mon adresse. Ainsi j’ai pu leur communiquer le virus et leur prodiguer ma modeste expérience pour les faire évoluer et devenir des radioamateurs.

Runion_ref_87_7Je ne citerais pas leur indicatifs, mais certains sont devenus des passionnés et des radioamateurs chevronnés que je retrouve toujours avec autant de joie sur l’air ou en visu.

- réunion de la section REF 87

Runion_mchoui_ref_87_3

- sortie OM avec chasse au renard suivie du méchoui

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- trafic durant un contest VHF sur point haut

Après avoir fondé une famille et quelques déménagements plus tard, cette période de semi activité provisoire s’est terminée puisque j’ai installé des aériens sur  le toit du QRA et pu reprendre le trafic en décamètrique tout en continuant de construire quelques équipements afin de suivre l’évolution technologique.Dans le début des années 1960, le noyau des OM dans le département s’étant étoffé, nous avons décidé au cours d’une réunion amicale, de créer la section du REF Haute-Vienne (a cette époque les départements n’étaient pas encore chiffrés) et c’est tout naturellement que j’en ai été élu, plutôt désigné président et réelu par la suite durant tout mon séjour en limousin.

Une saine émulation épaulée par des liens de franche amitié régnait à cette période parmi les OM. Nous participions en équipe aux des contests VHF sur les points hauts, nombreux dans la région limousine. Les Assemblées Générales de la section se déroulaient dans des auberges typiques à la campagne, précédées ou suivies par une chasse au renard auxquelles tous les OM et leur famille participaient.

Emetteur_vhf_mobile_4

- émetteur VHF pour trafic mobile à tubes

Modulateur_mobile_2

- modulateur AM à transistor

Alimentation_mobile_2

 


- alimentation HT a partir du 12 V. avec mutateur à transistors



Les constructions d’émetteurs et de récepteurs étaient surtout destinées au trafic en /P ou en /M. Quelques unes, destinées aux VHF, étaient des reconversions de matériel militaire des surplus dont il fallait faire des modifications pour les adapter aux fréquences amateurs. J’ai construit aussi quelques antennes  pour ce trafic : yagi, bigweel, antenne halo, HB9CV et autres “cornes de taureau“ ainsi que des adaptations de mats pour les rendre facilement démontables et transportables. J’étais aussi beaucoup sollicité pour apporter de l’aide aux OM débutants.

Une grande mutation technique s’est  opérée a la fin des années soixante par l’adoption des transistors pour la construction amateur puis par l’adoption de la SSB en décamétrique qui a remplacé le mode AM dans le trafic. En 1969 j’ai alors construit un transceiver décamétrique SSB 5 bandes d’après le schéma de celui réalisé par F3UE, adapté de la conception des transceivers commerciaux SB 33 et 34. Cet appareil à eu beaucoup de succès car un certain nombre Modulateur_am_transistor d’exemplaires ont été construits par d’autres OM's.

- autre modulateur à transistors

Vfo_vhf

- VFO à transistors construit dans un tuner TV

Emetteur_vhf_transistor

- émetteur VHF tout transistors, alimenté par piles internes, parfois utilisé comme renard

Parallèlement et tout au long de ma vie, j’ai construit des appareils de mesure ou des outils nécessaires a mes activités professionnelles et aussi ce que j’appelle des gadgets domestiques. Ce sont des appareils ou accessoires qui ont plus ou moins d’utilité mais qui n’avaient pas d’équivalents dans le commerce ou qui étaient plus économiques a construire tout au moins a l’époque où je les ai créés. Maintenant ils sont répandus, d’un faible coût ou font partie intégrante des équipements que nous utilisons quotidiennement. J’en cite quelques uns mais la liste est pas hexautive. Pour la maison : récepteurs de radio à tubes, puis à transistors, récepteur pocket, ampli BF stéréo, tuner FM, téléviseur, système de surveillance anti-effraction, synchronisateur de projecteurs de diapo, … Pour la voiture : auto-radio, cadenceur variable d’essuies glaces, allumage électronique, alarme anti-vol, chargeur de batterie … Pour le bricolage : variateur de vitesse électronique de perceuse, chargeur de batterie intelligente d’accumulateurs CaNi, … Pour les activités professionnelles, j’ai construit générateurs HF et BF, démagnétiseur, signal tracer, etc., et monté divers appareils Heathkit comme multimètre électronique, oscilloscope, etc.

4 – Apogée et déclin des activités

Puis en 1970 pour des raisons personnelles, et suivant l’indication d’OMs amis, j’ai quitté le limousin pour revenir dans la région parisienne en changeant d’orientation professionnelle. Dans ce nouvel établissement j’étais tenu à des astreintes de nuit durant lesquelles j’ai mis à

Transceiver_dca_ssb

-transceiver décamètrique SSB 5 bandes, tout transistors (sauf driver et PA à tubes)

Coupleur_type_f3lg

- coupleur d'antenne symètrique type F3LG avec ses différentes selfs


profit l’outillage propice de mon lieu de travail pour réaliser quelques nouveaux équipements : alimentations, coupleurs d’antennes, appareils de mesure, etc. et aussi pour trafiquer en portable sur les bandes décamétrique. J’ai ainsi renoué avec le QSO, qui se déroule depuis un demi-siècle, entre des OMs de l’est de la France.

Pour moderniser mes équipements et suivre la technologie et les mods de trafic, j’ai réalisé un  transceiver VHF SSB, puis un ampli 100 watts à transistor, ensuite un transverter UHF avec également son ampli ainsi que des aériens adaptés au trafic en portable que j’ai pratiqué à cette époque. Car durant les années 1970 à 1990, j’ai été très actif en participant aux différents contests VHF et UHF depuis les points hauts des Yvelines.

Transceiver_vhf_ssb

- transceiver VHF SSB et AM tout transistors

Ampli_vhf_100_w_transistor_3

- amplificateur VHF 100 W tout transistors

Transverter_uhf_144432_2

-transverter VHF/UHF et dessous l'amplificateur

Ampli_uhf_65_w_transistor_2

Alim_12v20a

- alimentation 12V/20A

Alim_13v15_a_3

- alimentation 13V/16A

Frquencemtre_prposissionnablecadr_3

- fréquencemètre préposissionnable servant de cadran digital

Coupleur_dantenne

- coupleur d'antenne en T

Par contre l’activité associative a été négligée, non par manque de lieux de rencontres, l’Ile de France étant plutôt bien pourvue en radioclubs, mais plus par repli de soi et un certain desintérêssement mais aussi par des activités familiales et professionnelles très prenantes, laissant peu de temps libre. Je me disais, refrain bien connu, « je me rattraperais à la retraite ». La retraite est arrivée mais l’activité OM, tant constructive que communicative est restée un peu en sommeil. Petit à petit j’ai cessé les réalisations importantes, me contentant de construire quelques accessoires destinés a accompagner le matériel commercial qui me sert maintenant pour trafiquer : alimentation, coupleur d’antenne et TOS-mètre.Coupleur_antenne_p

- coupleur d'antenne en T pour trafic /P

 Tos_mtre_2

- TOS mètre

Alimentation_12_v_2

- alimentation 12 V pour IC 202

Trafic_en_p_3


-trafic en /P avec TS 50 et antenne center-feed en V renversé montée sur canne à pêcheQsl_f9dm_6

Je ne veux pas chercher d’excuses mais simplement analyser ce déclin des activités. Tout d’abord la facilité commerciale a se procurer des équipements divers autant que performants à des prix intéressants qui dissuadent économiquement d’entreprendre une réalisation personnelle, la difficulté à se procurer les composants nécessaires à des réalisations OM, le manque d’émulation telle que nous l’avons connue dans les années d’après guerre, la déficience visuelle, la moins grande dextérité, la liste des inconvénients n’est pas exhaustive.
Deuxième motif de déclin c’est l’arrivée de l’informatique dans le shack des OMS : cela permet un trafic plus sur  et plus convivial, car absent de QRM. D’abord le packet radio, que j’ai pratiqué a une époque et ensuite l’écholink. que je pratique aujourd’hui. Ce mode de trafic, qui met en relation des radioamateurs et s’apparente à un mode de trafic traditionnel, procède des techniques Internet qui n’ont plus rien de commun avec les techniques et impératifs de la transmission radioélectrique. 

Quel avenir pour notre hobby ? Nul ne peut le prévoir bien précisement mais sans doute l'aspect communication va perdurer en utilisant de plus en plus les ressources informatiques et robotiques qui sont entrées dans notre vie courante et remplaceront aussi la partie technique constructive. Celle que nous l'avons connue et pratiquée au siècle dernier va s'éteindre et restera dans les souvenirs comme une épopée technologique de quelques pionniers enthousiasmes.

Droit à l'antenne en /P

La période estivale est propice au trafic en mobile et en portable, mais cela pose quelquefois des aléas : voici le résumé de ce qui peut arriver et ceci dans le but de poser une question essentielle : peut-on faire du portable dans un lieu public ?. J’espère recevoir des réponses de la part des OM à qui le problème s’est posé, car je ne suis sans doute pas le seul a l’avoir rencontré, et d’une manière plus générale, a tous ceux qui ont une réponse légale ou tout au moins officielle à me fournir.

Voici les faits racontés sur un mode impersonnel.
Vous circulez en voiture sur une route nationale. Vous trafiquez en VHF ou en UHF avec une antenne verticale fixée sur le toit de votre véhicule : vous êtes donc en /M.
Comme ce n’est pas pratique de tenir a la fois le micro, le volant, changer de vitesses, changer de bande de trafic et pas très conforme au code de la route qui stipule que vous vous devez tout à votre conduite, vous décidez de vous arrêter sur une aire de repos ou un parking aménagé à l’écart de la chaussée et vous continuez votre trafic dans des conditions plus agréables et surtout plus confortables : vous êtes toujours en /M , mais a l’arrêt.
Comme l’heure de votre sked sur 80 mètres avec des OM amis habituels (eux aussi en déplacement car en vacances) approche, vous sortez du coffre de la voiture une antenne center-feed de 2 x 20 mètres de long constituée de conducteurs gainés en vert (plus écologique et moins voyant pensez-vous) que vous accrochez entre les branches de deux arbres qui bordent le parking et qui se trouvent a une distance adéquate. Vous installez votre station et la boite de couplage, vous accordez votre antenne et vous faites votre QSO : vous êtes maintenant en /P.
Comme vous êtes stationné près et en vue de la route, quelques automobilistes qui circulent voient votre fil d’antenne et ralentissent. Ceux qui stationnent à proximité, semblent intrigués et regardent, d’autres plus curieux et plus hardis viennent a vous et demandent ce que vous faites : vous leur expliquez en quelques phrases ce qu’est l’émission d’amateur.

Soudain une voiture de patrouille des forces de l’ordre (quelque soit l’administration) s’arrête et après les salutations les occupants, le dialogue suivant s’engage presque invariablement :
Q - Peut-on savoir ce que vous faites là ?
R - Mais certainement, je suis radioamateur et je m’adonne à mon loisir
Q - Vous correspondez avec qui ?
R - Oh avec différents correspondants que je contacte habituellement
Q - Vous avez une autorisation ?
R - Bien sur, voici ma licence
Q - Et ce bout de fil, c’est vous qui l’avez mis ?

Je résume la suite du dialogue qui vous permet d’apporter des réponses aux différentes interrogations de vos visiteurs : la manière d’amarrer le fil aux branches, ce n’est que provisoire puisque dans quelques minutes vous le retirez, la portée de l’émission, les pays contactés, les différentes bandes de fréquence utilisées, etc.
Généralement la conversation s’arrête ainsi et après les salutations d’usage, chacun retourne à ses occupations : la voiture des forces de l’ordre continue sa patrouille et vous, votre QSO.

Mais quelquefois, le dialogue continue ainsi :
Q - Avez vous l’autorisation de vous installer sur la voie publique ?
R - L’autorisation de qui ? Je suis sur un parking public, je peux donc stationner !
Q - Mais votre fil est entre deux arbres et vous n’avez pas d’autorisation pour les utiliser !
R - Les arbres sont plantés en bordure du parking, donc ils sont eux aussi publics !
Q - Vous n’en êtes pas le propriétaire, par conséquent puisqu’ils ne vous appartiennent pas, vous devez avoir une autorisation pour les utiliser. Nous vous demandons de bien vouloir retirer votre fil

Logique. Imparable. L’autorisation, bien sur !!!, mais à qui la demander ?
Ces arbres plantés là, au bord d’une aire de parking de route nationale appartiennent-ils a la DDE, aux Ponts et Chaussée, à la commune sur le territoire de laquelle se situe le parking, au propriétaire du terrain le jouxtant ? Autant de questions auxquelles il est bien difficile de répondre sur le champ (sans jeu de mots).
Vous êtes seulement de passage, vous vous êtes arrêté à cet endroit comme vous auriez pu vous arrêter ailleurs ; c’est la première et sans doute la dernière fois que vous trafiquez sur ce parking, alors demander une autorisation !!!

Je termine sur le mode personnel.
La solution existe et je la pratique, ainsi que quelques OM de ma connaissance que je ne citerais pas, mais ils se reconnaîtront. Lorsqu’il n’y a pas d’arbres qui bordent le parking, il suffit d’utiliser la canne à pêche comme support du centre de l’antenne et d’arrimer les deux extrémités au sol a l’aide d’une pierre ou tout autre objet lourd.
Cette solution est elle plus légale ? Un parking est destiné a recevoir des voitures, des camions, des cyclistes, des piétons, des pique-niqueurs, parfois des caravanes et des camping-car qui passent la nuit, en un mot des usagers de la route, mais pas une antenne, même si elle ne reste que quelques dizaines de minutes.

Je remercie celles et ceux qui me donnerons leur avis.
Robert

Antenne Levy de poche /P

Antenne décamètrique multibande portable

Au cours de déplacements et durant les vacances, j’ai longtemps trafiqué sur les bandes VHF et UHF en portable depuis ma voiture; maintenant je pratique aussi le trafic décamètrique. Pour celà il faut bien sur une station, si possible d’encombrement reduit mais le marché actuel n’en manque pas, d’une antenne multibande et d’une boite d’accord.
Pour ma part j’utilise un Kenwood TS-50, une antenne center feed ou Lévy et un coupleur en T. L’installation d’un transceiver en portable utilisé a bord d’un véhicule différe peu du fixe, si ce n’est la source d’énergie; par contre l’installation de l’aérien qui doit être performant, mais souvent provisoire, ne souffre pas de la médiocrité, (suivant un vieil adage bien connu et qu’il ne faut pas négliger).

Passons en revue les divers constituants de l’équipement :

Brin rayonnant
Après avoir essayé successivement du fil de cablage, du fil de fer et autres conducteurs, j’utilise, depuis la lecture d’un article paru sous la plume de F, une corde destinée a étendre le linge: elle s’achéte pour quelques francs dans n’importe quel magasin. Cette corde se compose d’une ame en fibres synthétique armée de 2 ou 3 fils d’acier cuivré et le tout recouvert par une gaine plastique translucide de couleur. Elle a le mérite d’être légére, solide et de supporter sans s’emmêler les nombreux déroulements et enroulements pour le rangement avant et après usage.
Les isolateurs (central et d’extrémités) sont réalisés en plexiglas. Deux cordelettes de nylon tressé, diamètre 4 mm, d’une dizaine de mètres de long sont fixées à chaque extrémités et serviront a amarrer l’antenne et a la tendre.

Feeder
Il est réalisé en twin-lead plat de 300 ohms d’impédance, souple et léger; sa longueur est de 10 mètres minimum.

Installation
Plusieurs scénarios sont possibles: ils dépendent de l’environnement du site ou le trafic va se pratiquer.
Passons en revue les différentes configurations:

- Configuration en V inversé
En rase campagne, dans un endroit non arboré donc dégagé, soit un champ, un parking ou une place, il faut utiliser un support central contitué d’une canne à pêche télescopique, longue de 6 a 8 mètres, qui soutiendra l’isolateur central de l’antenne. Cette canne est tenue verticalement par une fixation à l’arrière de la voiture ou par un système bloqué sous une roue, analogue a celui utilisé par les concessionnaires de voitures pour fixer le fanion de leur firme sur les modèles exposés. Les extrémités des cordelettes de nylon seront retenues soit au sol par des masses, pierre ou autre objet pesant, soit attachées à des points d’ancrage naturels se trouvant a proximité: buisson, pieu de cloture, etc.
- Configuration en V
Cette installation présente de nombreux avantages mais est tributaire de l’environnement, car le brin rayonnant est tendu entre deux arbres ..... qui doivent se trouver a bonne distance, soit au minimum, dans mon cas à plus de 40 m. Ces arbres doivent avoir des branches basses à environ 6 m. du sol, suceptibles de recevoir les haubans du feeder c’est à dire assez dégagées: certaines essences conviennent mieux que d’autres: peuplier, chêne, accacia par exemple.
Les supports adéquats trouvés, il faut amarrer l’aérien. Pour celà attacher un objet lourd (200 a 300g. suffisent) à l’extrémité des cordelettes de hauban et le lancer par dessus la branche reperée qui convient, recupérer le hauban et ensuite l’attacher au tronc de l’arbre a hauteur d’homme. Procéder de la même manière pour l’autre extrémité et tendre l’aérien.
Pour ma part j’utilise deux galets percés ramassés sur la plage: ils sont faciles a lancer et suffisament lisses pour ne pas s’acrocher sur l’écorce.
Quelques conseils: attention de ne pas recevoir le galet à sa retombée, le choisir pas trop lourd a cause de l’effort a fournir au lancement, mais suffisament afin qu’il retombe par gravité en entrainant la cordelette qui doit être non pelucheuse afin de ne pas s’accrocher dans les rugorités de l’écorce. En amarrant la cordelette, penser au démontage: retirer le galet qui risquerait: a) d’être retenu accroché dans l’arbre par des branches, b) de revenir trop brusquement vers l’opérateur avec le risque que celà comporte.
Certains OM utilisent un appareil de lancement, arbalette par exemple; je n’ai pas fait l’essai mais je pense que si le lancement est facilité, le tir doit être trop tendu et de ce fait moins sélectif que le lancer manuel. Après quelques essais, on arrive a choisir le bon endroit de la bonne branche, c’est a dire dégagé de petits rameaux et de feuilles afin que la pierre descende facilement par son propre poids.

- Configuration en T
Cette installation allie les deux configurations précédentes. Elle est utilisée pour obtenir un brin rayonnant le plus parfaitement rectiligne. Elle requiert l’utlisation d’arbres à chaque extrémité ainsi que le support central.
Réglage
Le coupleur testé au préalable pour chacune des bandes sur une charge 50 Ω avec un TOS mètre en série donne différents réglages qui seront notés: ils donnent une indication de départ pour les réglages qui seront éffectués avec l’antenne portable. En utilisant si possible un TOS mètre donnant simultanement la puissance direct et réfléchi (milli a aiguilles croisées ou 2 milli séparés), le coupleur est a nouveau réglé pour chaque bande et sur les fréquences couramment utilisées. Ces différents réglages sont notés afin de les retrouver rapidement, l’utilisation du TOS mètre devenant inutile par la suite, car les paramètres de réglage sont pratiquement identiques d’une installation a l'autre, puisque l’antenne ne change pas.

Résultats
Lorsque le brin rayonnant est bien dégagé, tendu le plus linéairement possible, à une hauteur de 6 à 8 m. du sol, les résultats sont identiques a ceux obtenus au QRA fixe ou j’utilise ce même type d’antenne installée sur le toit d’un immeuble de 4 étages, mais avec 28 m. de feeder.

Remerciements: j’ai bénéficié des conseils et astuces d’OM qui pratiquent depuis longtemps le trafic déca en portable, je les remercies bien vivement et cite quelques uns d’entr’eux: F2BH, F3AR, F3FJ, F3UE, F6CHT, ...
Robert


Dom62015

Photo de mes débuts en /P décamètrique - 1962

(un clic pour agrandir l'image)


Dscn0145

Photo contemporaine du /P décamètrique - 2002

(un clic pour agrandir l'image)